Interview d’expatrié : l’aventure de Nicolas à Madagascar

Interview d’expatrié : l’aventure de Nicolas à Madagascar

13 août 2018 0 Par Mhikes

Il y a 8 mois, Nicolas est parti presque sur un coup de tête, pour s’expatrier à Madagascar. Il nous raconte son quotidien sur l’île, le statut de volontaire international dont il a pu bénéficier et nous parle de ses coins préférés. Une belle invitation au voyage !

Est-ce que tu peux te présenter ?

Je m’appelle Nicolas Malfait, j’ai un master en informatique à SUPINFO. D’où est venu mon voyage ? Je voulais avoir une expérience à l’étranger. Et quand on a 25 et moins, il y a un statut qui existe en France qui est super bien, ça s’appelle les VI, les volontaires internationaux. C’est un contrat encadré par la France qui permet aux administrations et aux entreprises de pouvoir embaucher des personnes à l’étranger et de bénéficier d’aide financière française.

J’étais pile poil dans les clous pour en bénéficier, alors je me suis dis c’est parti ! Je recherchais quelque chose de nouveau, je voulais pas forcément partir dans un pays européen, je voulais partir en Afrique, dans un pays en voie de développement, au soleil.

Et un jour au cours d’une conversation avec mon grand-père, il me parle de Madagascar et je me suis dis ça correspond parfaitement, c’est parti ! Je voulais vraiment avoir une vie différente de celle que je pouvais avoir en France. Madagascar c’est un challenge, c’est un autre mode de vie, cela me fait prendre conscience de la pauvreté. Je voulais aussi être confronté à un niveau de vie différent de celui que j’avais en France, ici je fais parti des privilégiés, j’ai l’eau courante mais elle n’est pas potable, l’électricité même si elle est instable et j’ai une connexion internet sur mon lieu de travail. Et surtout, je voulais découvrir une autre culture.

Que fais-tu comme travail ?

Je travaille à l’institut français de Madagascar, c’est un service rattaché à l’ambassade. Dans chaque pays, il permet de partager la culture française et de diffuser la culture du pays. Ici, je suis chef du service informatique, mon rôle c’est de créer, maintenir et développer l’infrastructure informatique de l’institut. J’aide les utilisateurs, je les dépanne, je mets en place l’infrastructure, je maintiens le site internet à jour, j’interviens et organise lors de conférences et je peux être amené à faire des projets informatiques, des événements.

expatrie-madagascar

 

Qu’est-ce qui t’a aidé à sauter le pas, à te dire je pars à Madagascar ?

Rien ! Mon départ de voyage, c’est un coup de tête. Je discutais avec un ami des VI, un jour j’ai postulé à une offre et du jour au lendemain, j’ai été pris et je suis parti ! Après, bien évidemment j’ai le goût de l’aventure, de me dire waouh je vais faire un truc extraordinaire dans ma vie. Mais ça a été vraiment le coup de tête et l’aventure !

Comment s’est passée ton expat et ton accueil ?

Avant le voyage, en tant que VI tu es bien accompagné. Tu es embauché par les affaires étrangères, et il y a un service, le MAE, qui s’occupe entièrement de toi. Tu dois faire ton passeport, tes vaccins, une visite médicale et après ils s’occupent de tout. Ici, je suis en contact avec d’autres expats et eux ont eu plus de difficultés, notamment pour le VISA. Après, d’un point de vue administratif, la France c’est un peu long. Il faut prévoir quelques mois en avance pour avoir son passeport et régler l’administratif.

Comme j’ai pu avoir des contacts avant d’arriver à Madagascar, je savais qu’une personne allait venir me chercher à l’aéroport. Je n’étais pas lâché dans la nature et j’ai été beaucoup aidé par mes collègues. Pendant un mois, une collègue m’a hébergé. Après j’ai cherché un logement et mes collègues malgaches m’ont énormément aidé, c’était vraiment très sympa de leur part ! Sans eux, j’aurai pu me débrouiller en passant par une agence, mais j’aurai dû augmenter mon budget.

visiter-madagascar

Qu’est-ce qui t’a le plus surpris ?

C’est un autre monde et j’ai tout de suite été marqué par la pauvreté. Quand tu entres dans ce nouveau monde, c’est difficile à imaginer. Entre l’aéroport et la ville où j’habite, j’ai environ 30 minutes de voiture, je ne savais pas où regarder. La culture et la population n’ont rien à voir avec la France.

En France, tu faisais beaucoup de sport en salle, est-ce que tu as pu continuer là bas ?

A Madagascar, il y a très peu de salles de sport et elles sont extrêmement chères, les prix sont démesurés. Pour tous les autres sports, tu peux en faire, mais en extérieur et à l’extérieur de la ville. Se déplacer en centre ville est assez compliqué, il y a énormément de circulation. De mon côté, je n’ai pas de voiture, ce qui ne facilite pas la tâche. Je pourrai prendre un taxi, ce n’est pas très cher mais je n’ai pas l’assurance de trouver un taxi pour retourner vers le centre après ma journée. Ca me manque beaucoup, avec ma famille évidemment !

faune-madagascar

 

Comment gères-tu le manque de tes proches ?

Au début, ça allait. C’était vraiment cool, d’être indépendant, de vivre ma vie. Par contre, plus les mois passent, plus c’est une expérience que j’aimerais partager avec mes proches. Je le partage avec d’autres expats mais ça ne remplace pas ta famille. J’ai une grande chance, j’ai accès à une bonne connexion internet et je peux faire énormément de Skype et d’appels WhatsApp. Dans ta tête, il faut te dire que c’est un choix que tu as fais, je me raccroche au fait que je suis dans un pays magnifique, j’ai des amis sur place qui me soutiennent et pour le reste… je fais avec !

Quel est ton endroit préféré sur l’île ?

J’ai pu visiter l’île mais pas assez à mon goût. J’ai été à Mahajanga qui est au Nord ouest de l’île, ensuite j’ai été un petit peu à l’ouest de Tananarive la capitale et j’ai le plus visité l’est. Mon endroit préféré ? Je dirai dans l’est parce qu’il y a des très jolis parcs et moi, mon rapport à la nature est relativement fort. J’ai vu une flore incroyable ! A Mada, c’est incroyable toute la flore que tu peux voir, les 150 espèces d’orchidées, toutes les autres plantes, la faune, j’ai pu faire des câlins à des lémuriens, c’était génial. J’ai pu prendre dans ma main des caméléons, des lézards… Dernièrement je suis allé à Sainte-Marie, une île à l’est de Madagascar. Au sud de cette île, il y a encore une plus petite île, l’île aux Nattes. Cet endroit est un paradis, avec du sable blanc, de l’eau azur et des palmiers comme sur une carte postale. Je dirais que c’est l’endroit le plus beau et le plus paisible que j’ai visité dans l’île.

ile-madagascar

Des conseils à donner ?

Madagascar, c’est un pays hyper accueillant. Les malgaches, quand tu les connais, c’est des gens hyper sympas, ils vont te faire visiter plein d’endroits, c’est dingue. Mais si c’est des personnes qui ont peur de partir à l’aventure, je leur dirai de peut-être pas choisir Madagascar en premier, car il y a quand même de l’insécurité, de pickpockets, c’est compliqué de balader la nuit. Moi ça fait 8 mois que je suis dans le pays, et ça n’a pas été facile à gérer. Si Madagascar est une destination intéressée, je conseillerai d’énormément vous renseigner et de trouver des contacts de confiance en amont pour mieux préparer l’arrivée dans le pays.

Si vous le souhaitez, vous pouvez retrouver Nicolas sur sa page Facebook Expatrié à Madagascar

Un grand merci à Nicolas pour nous avoir partagé son expérience dans ce magnifique pays. Et vous, Madagascar fait partie de votre liste d’aventures ?

faune-flore-madagascar

Cet article vous inspire ? N'hésitez pas à le partager sur les réseaux sociaux !